• Tu dis que je ne sais..

    Car mes silences en digue

     

    je sais ....

     

    Le caillou qui roule de la sente est là depuis mille ans, 

    Il attendait son tour.

    Dessinant le chemin au pied de la colline, les pétillants genêts sont lumières pour nos pas.

     

    Mais tu sais, si je me souviens du parfum du jasmin, 

    ...je peux pleurer soudain..

     

    Et puis les yeux fermés, je survole les champs de rouges coquelicots aux robes de crépon. 

    Une goutte vermillon pour chaque âme innocente.

     

    À l’aube quand les oiseaux grignotent le silence, surtout ne pas bouger.

     

     Je sais aussi que Les eaux turquoises du ruisseau,

    murmurent des berceuses depuis la nuit des temps.  

     

    Les lagons sont mémoire..

     

     

    L’hier, bien trop amer, s’est noyé dans l’eau claire.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Alors 

    Ce serait un soir,

                            Un jeudi, peut-être…

    Un début de printemps – jonquille sur terre noire –

    Et ce serait comme un premier orage dans le désert,

    Comme si la terre sèche de nos cœurs appelait la pluie,

    Et que nos mains tremblantes espéraient la force de l’éclair.

                            Dans un amas de cendres, voir fleurir les roses.

                            Franchir les pierres en chaos jusqu’au bout de la brume.

    Nous serions là, attentifs,

    En alerte,

    Comme si nous attendions que le soleil couchant fasse une pirouette.

    Alors,

    Faire table rase ! Table rase !

    Jeter au feu ce qui plombe nos pieds !

    Bruler l’avant,

    Vider l’hier et l’avant hier !

    Epurer !

    Se réveiller, ré-activer !

    Désengluer !!

    Alors,

    Partir sans rien

    Dénués

    Juste ensemble

    Et vivants…

     

         Yvette Aroca-Lehre

         Mars 2018

     

         

     


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  • Camino Primitivo 2

     

     

     

    Plus  d’école ni d’enfants

    L’horloge de l’église 

    est restée aux quatre-heures.

     

     

     

     

    L’horloge de l’église est restée à l’heure des goûters, à l’heure des enfants..

    Leurs rires, ou bien leurs pleurs, viennent ils toquer aux dalles noires des tombes des aïeux ? 

     

    Le temps est suspendu,

    et les gens d’ici sont restés eux aussi à l’heure d’humanité.

     

    L’enfant est encore là dans l’oeil qui pétille du patron de l’auberge.

    Et souriant, il fume son havane  assis devant la pancarte « Prohibido fumar »

     

    Yvette

    San Vicente de Burgo 

    Lugo - Galice 

     

    Samedi 23 septembre 2017


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  • Sur le chemin,
    Comme grains de chapelet
    Les pèlerins.

     

     

    Ils passent.
    Ils me paraissent pressés, leurs bâtons de marche en main,
    leurs sacs à dos enflés - tous bossus.
    Ils vont d’un bon pas sur le chemin.

    Furtivement, certains prennent une photo.

    Mais peut être l’ont-ils déjà fait ce chemin et ne s’émeuvent plus de la façade lépreuse du monastère ?

    Yvette Aroca Lehre
    Monastère de Cornellana - 12/09/2017

    Dessin de Charles LEHRE


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  •  

     

    Le vent du nord ravive la brûlure de l’absence

     

    et même si, sans vergogne, 

    les ans floutent le contour de vos traits 

     

    si les jours de soleil, je vous oublie aussi..

     

    et même si, depuis lors

    mon coeur aime à nouveau

     

    si les soirées d’automne sont douces auprès du feu

     

    restent vives pour toujours 

    vos caresses et vos lèvres 

    à mon cou qui frissonne 

     

     

    empreintes aux doux parfums d’amours envolées.

     

     

     

     

    Yvette Aroca-Lehre 

    avril 2017


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