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    entre mes mots et l' interligne

    entre minuit et petit jour

    entre deux vagues

    entre les points de suspension

    entre trop plein et grain de sable

    entre le silence et le cri

    entre les brumes d'après demain

    entre les haubans et le vent

    entre les volutes de fumée

    entre deux eaux

    entre les pages effacées

    entre le voyage et le quai

    entre mes deux mains vides

    entre le haut et le coeur

    entre les malles du grenier

    entre deux plages

    entre les cailloux et la boue

    entre les balises du port

    entre les bouches cousues

    entre deux portes

     

    lancinante

    juste une note bleue

     

     

    Yvette Aroca-Lehre 2011

     

     

     

     

     


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    Noir et gris en damier,

    Du plomb dans les souliers.

     

    La marelle a perdu son ciel et puis son arc

    Aux couleurs parfumées d'anis, de genièvre, d'herbes folles des sentiers.

     

    Demain s'effaceront les lignes et les traits,

    Le jeu ne sera plus.

     

    Amours à la craie

     

    Noir et gris en damier

    Du plomb dans les souliers.

     

     

     

     

     

    Yvette Aroca-Lehre 2011 

     


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    Nous parlions de la pluie, nous parlions du beau temps..

    Quelle importance ?

    Nous étions spectateurs.

     

    Nous parlions pour que dure le temps...

    Nous étions spectateurs.

     

    Eux n'avaient que faire des mots,

    Bien trop étriqués, les mots !

     

    Eux prenaient les chemins de traverses,

    Eux à l'école buissonnière,

    Ils jouaient,

    Ils riaient, frissonnaient,

    Eux redessinaient l'espace,

    Effaçaient les limites,

    Surfaient sur les parfums..

     

    Au travers des cils- moucharabiehs

    Déposaient leur message.

    Au devant de la scène,

    Eux, menaient toute la danse,

    Duettistes improvisant une chanson de gestes.

     

     

    Nous parlions,

    Nous parlions du soleil et du vent,

    Nous parlions pour garder contenance.

     

    Eux se moquaient de toutes les convenances.

     

    Et mes mots trébuchèrent,

    Et vous n'écoutiez guère.

     

    Nos corps savamment

    Jouaient une pantomime

    Celle des futurs amants.

     

     

     

     

     


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    Colporteur zélé magnifiant des babioles,
    Flagorneur de chaland, maître du baisemain,
    Il arpentait le monde pour gagner son pain
    en faisant tournoyer son moulin à paroles.

    De si longues années,
    De sinueux chemins,
    Il est las aujourd’hui
    Ne rêve plus demain.

     

    Il s’écarte de la voie.
    Il laisse la place au train des phraseurs dans le vent, et marchands de chansons poussant les wagonnets.

     

    Il ne croit plus aux mots ni même à l’alphabet.

     

    Mais ses mains savent bien, Elles, qu’il a tant et tant à Dire !

     

    De concert, elles écrivent la musique de son cœur.


    Elles délivrent ses harmonies secrètes

    En singulières mélodies.


    De notes cristallines, elles arpègent le vent sur la bruyère des dunes et les nuages mauve- gris caressant le granite


    Et l’instant d’un silence,

    Elles s’élancent et planent avec le goéland dans l’air pur d’un matin.


    Quand les soirs se grisent aux embruns de l’Iroise, elles accordent le spleen au plaintif vibrato.

    Elles et lui nous racontent des histoires sans paroles.

     

     

     

     

     

     


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    C’est un nid biscornu

    Un bateau dans les nues

    C’est une île cerf volant

    Un bi- plan cahotant

    C’est une tour farfelue

    Un château tout moussu

     

    C’est un n’importe quoi

    Habillé tout de bois,

    Des feuilles, quatre branches

    Et puis des bouts de planches

     

    De là haut je m’envole

    Fille folle, caracole.

    Même pas peur, je terrasse

    La panthère qui passe.

    Naufragée, Robinsonne

    Je divague, m’abandonne.

    A l’abri, gente dame

    M’enrubanne et me pâme.

     

    Je suis, je rêve, je plane

    Et enfin je cabane.

     

     

     


    Ristretto 02/08/08


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