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    Les images d’enfance, insouciance, restent à jamais plus claires qu’un matin de printemps.

    Je ne peux séparer la douceur angevine d’une clochette qui tinte à l’entrée de la boulangerie de mes jeunes étés.


    En franchissant le seuil, je tombais en extase…

    Les parfums de pain chaud,  la dorure des flans,

    La rondeur des Reine- Claude sur leur pâte sablée…


    Puis, elle apparaissait : la femme du boulanger !

    Et j’étais fascinée :

    Un visage de geisha !


    Oh oui j’en étais sûre ! ses joues plus blanches, cette peau plus fine que la meilleure farine,

    J’en étais sûre : c’était le signe de leur amour !

    J’y voyais les mains enfarinées de son mari et leurs caresses sans cesse renouvelées.

    Elle en était pétrie.


    Alors sur le chemin du retour,

    Je humais le pain chaud en pensant à l’amour.

     

     

     

    Yvette Aroca-Lehre 07/12/08


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  • (sous titre : whisky story )

     

     

    Je ne l’avais pas vu depuis des années.

    Dans mon souvenir, il était arrogant, un genre à mettre le feu dans les soirées, à vous faire cracher ce que vous aviez au fond des tripes, et puis  vous laisser choir dans une ruelle sombre sans un sou pour le taxi.

    Bref, pas vraiment  mon genre ce Jacks D .

    A l’époque, j’aimais le pétillant. Je m’amourachais d’éphémère légèreté. De bulles, de mousse et de sirop de mauve.

    Aujourd’hui,   il m’apparait bien différent. Mais est ce lui  qui a changé ? 

    Vieillir lui va si bien ! Quelle allure Monsieur Jacks D. !

    Et tout à basculer, je me suis laisser séduire par ce vieux Jacks à la peau tannée.

    A l’ambre de ses yeux, je me suis mise à nu.

    Plus question de paillettes, plus l’heure des courbettes, plus le temps.

    Juste un corps à corps entre fausse douceur et âpreté.

    Des rendez-vous sans fard, où les premières caresses laissent vite la place aux frissons du fouet, aux jeux sans omission, aux excitantes perditions, aux indécentes soumissions, aux volontés de D.



     

     Yvette Aroca Lehre  2011


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  • Le vent du nord s'est levé aiguisant la douleur de ces jours de silence.

    Au clair du ciel sans nuage, rien.

    Plus rien à pleurer

    Pas même à maudire
    Ne reste que le vent.

     

     

     

     

     

     

     

     


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    je glisse,

                     je glisse sur la virgule

                                                       de ma ligne du temps

                                                                                           une pente minuscule

                                                                                           peut être vers le néant

     

    est ce déjà le point

    le point où tout bascule

     

    je dessine,

                      je dessine

                                      trois points de suspension

                                                                                          pour que ne se brise

                                                                                          ma ligne du temps

     

     

     

     


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    Je ne lui dirai pas
    Le bleu-vert océan
    Au vague de ses yeux surfant sur nos silences.

    Je ne lui dirai pas
    Les éclats pétillant
    De son rire diamant ponctuant nos errances.

    Je ne lui dirai pas
    La fougue ni l'élan
    Qu'exalte son parfum aux heures d'indécence.

    Je ne lui dirai pas
    Le frisson rémanent
    Du souffle sur mon cou défiant l'absence.


    Je garderai pour moi ces graines d'herbes folles,
    Pour quand viendra le temps de verser mon obole
    A la vieille qui croît dans mon cœur d'artichaut.

     

     

    Yvette Aroca-Lehre 2010


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